Le GPS, optimiste, nous annonce l'arrivée... avec dix kilomètres d'avance sur la réalité. Fausse joie, mais on ne s'en formalise pas — l'ambiance est déjà là. Installation du bivouac juste à côté d'une belle boule de foin et de la tonne à eau., L'ombre se fait discrète. Pour clore cette première journée : dîner au food truck, avec une galettes bien garnie et une bonne bière. Objectif atteint, chevaux et cavalières prêts pour l'aventure qui commence demain.
J1 - Le réveil sonne à 6h30, au terme d'une nuit passée tente ouverte pour tenter d'échapper à la chaleur. Après un petit-déjeuner pris sans traîner, nous nous mettons en route à 7h30, prêtes pour cette première journée. En raison de la canicule, l'organisation a prévu deux boucles au choix de 24 ou 28 kilomètres. Pour une première journée, 24 kilomètres suffiront.
Le chemin nous offre une jolie rencontre, celle de Thierry et Thibault, qui deviendront nos compagnons de route pour toute la journée. Les chevaux avancent bien, même la présence de nombreux chevaux (87 chevaux et 120 personnes) les font un peu chauffer mais ils marchent vraiment bien. Vers 10h, après 13 kilomètres avalés, nous marquons une pause : tartines de rillettes au menu, mais nous restons sages côté boisson et gardons le cap sur l'eau, la chaleur commençant déjà à peser. Le redépart se fait en douceur, toujours bien entourées, puisqu'à ce moment-là tout le monde semble reprendre la route ensemble. Nous arrivons à destination vers midi et demi. Les chevaux font aussi connaissance avec les brumisateurs, et l'expérience semble leur plaire.
S'ensuit le moment de s'occuper des chevaux. Cha'ym se roule voluptueusement dans le foin avant de manifester une envie irrépressible de sieste, ce qui affole un instant Lucie, persuadée qu'il ne va pas bien — les facteurs température et effort étant vraiment importants, nous préfèrons le lever et le mettre à l'attache à l'ombre du van pour le surveiller. Nous le rafraichissons et il a les yeux qui papillonnent. Il dort à l'attache et ne montre pas de signe d'inconfort. Il est remis au paddock avec Guerrouane et nous pouvons les surveiller depuis notre table durant le déjeuner. Nous enchainons avec une sieste ressourçante à l'ombre des sapins.
L'après-midi se poursuit par un nouveau passage auprès des chevaux qui dorment en plein soleil, nous les rafraîchissons avant de partir en voiture vers la plage de Montcocu où nous retrouvons le groupe de Cécile, une cavalière rencontrée lors des sortie avec Equitey. Là-bas, traversée mémorable d'un grand pont de singe en acier et plongée réparatrice dans une eau fraiche.
La soirée s'annonce, elle, résolument festive : soirée country au programme, avec concours de lancer de bottes de paille et de tenue cow-boy. Le karaoké nous casse les oreilles, les cavaliers ne sont vraiment pas de bons chanteurs !
J2 - Départ prévu à 8h20, pour une boucle de 32 kms au milieu des autres cavaliers. Mais dès les premiers pas, Cha'ym se met à chauffer et ne fait que trottiner — Guerrouane, sensible à cette nervosité, lui emboîte le pas. Les deux chevaux restent sur les nerfs une dizaine de kilomètres, jusqu'à la halte salvatrice. Là, on prend le temps : un bon quart d'heure d'arrêt, tartines de rillette et faisselle, un café et surtout de l'herbe pour les chevaux qui redescendent complètement en pression. Le repart se fait en douceur, et cette fois-ci, dix kilomètres au pas s'enchaînent sans accroc à bonne allure— un vrai plaisir, jusqu'à la pause déjeuner. C'est au moment de s'installer pour manger que l'inquiétude surgit : une cavalière arrive avec Guerrouane, trempé de sueur, l'épaule griffée — il s'est visiblement couché, peut être coincé et s'et fait un gros coup de stress qui lui a noué le ventre. Nous le rafraichissons et allons le faire brouter avec Cha'ym. Il récupère et sèche rapidement ; Nous les gardons près de nous sous surveillance, pendant le reste du repas.
L'après-midi démarre en beauté du côté de la retenue d'eau d'Éguzon avec une pause baignade où le ski nautique y fait des vagues : Cha'ym s'y aventure un peu, mais Guerrouane refuse catégoriquement d'y tremper les sabots. Le chemin se poursuit vers le barrage, sur des petits sentiers vallonnés, montées et descentes se succédant. Il fait un peu moins chaud que la veille, mais la chaleur reste présente — les chevaux marchent pourtant très bien et s'abreuvent régulièrement. À environ cinq kilomètres du campement, petite pause boisson : Thierry et Thibault nous rattrapent, et un bout de chemin se fait ensemble, ponctué d'un galop. Mais après l'effort, Cha'ym dit stop : tête basse, l'allure tombe à deux à l'heure. Lucie s'inquiète aussitôt, on met pied à terre et finissont les deux derniers kilomètres tranquillement pied à terre.
De retour au campement, les brumisateurs et une bonne eau fraîche font du bien aux chevaux. Mise au paddock et de nouveau coup de stress pour Cha'ym, qui se couche et refuse de se relever — des personnes présentes préviennent Lucie et l'aident à le remettre debout. Comme la veille au soir, un gros coup de fatigue semble en cause. On prend les constantes : muqueuses et pli de peau ok peu , FC 68, peu de transit et température à 38,8. On le rafraichit et il reste à l'attache où il a les yeux qui papillonnent. Il ne montre pas de signe d'inconfort. Un autre cavalier nous propose des électrolytes. Il est ensuite remis au paddock avec Guerrouane, nous les gardons sous surveillance et prenons la décision de rentrer sans faire la boucle du dimanche matin afin de faire le trajet aux heures les moins chaudes.
Soirée festive avec apéro géant et musique jusqu'au bout de la nuit. Nous dinons en bonne compagnie avec Thierry, Thibaut et Jérôme venu de Martinique fêter ses 50 ans avec son conjoint et sa soeur. L'ambiance est vraiment sympa, tout le monde se lâche et raconte ses histoires de chevaux.
J3 - 1h du matin, on chante encore les lacs du Connemara depuis notre tente et moment de grâce, la pluie s'invite ! Obligées de fermer la tente mais qu'est-ce que cela fait du bien. 5h du matin, Guerrouane gratte et réveille Sandrine. Il ne pleut plus et l'air est plus frais. Une dose de foin pour occuper Guerrouane et retour sous la tente pour continuer la nuit. Debout vers 8 heure nous retrouvons Thierry et Thibaut au petit déjeuner.
Nous rangeons tranquillement et les cavaliers qui partent sur la boucle de la matinée, passent nous dire aurevoir. Départ vers 9h30 pour nous.
Un week-end en demi-teinte, donc, marqué par l'inquiétude pour Cha'ym qui a visiblement du mal à encaisser l'effort et la chaleur — mais une chouette rando malgré tout avec de belles rencontres. Les autres cavaliers nous ont vivement conseillé l'Equimiel qui a lieu chaque année en juin.

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