2026 : La Suisse Normande

 

du 2 au 9 mai 2026

protagonistes : Sandrine et Guerrouane - Stéphanie et Bahir
 


Jour 1 - samedi 2 mai - Arrivée à la Baronnerie (chambre d'hôtes)
Aléas de dernière minute, Stéphanie a un souci de camion et Florence a aussi un souci de voiture, elle ne nous rejoindra donc pas sur les derniers jours de randonnée.
Vers 13h, je pars chercher Stéphanie en Bourgogne à cause de son problème de camion. Arrivée vers 14h45 et redépart à 15h30 après avoir pris le temps de manger les pâtes qu’elle m’avait préparées. Nous avons repris la route direction Pont d'Ouilly en repassant juste à côté de la maison... Le trajet a duré environ trois heures (6h avec l'aller et retour en Bourgogne), dans des conditions plutôt agréables puisque la route était calme et fluide. Nous sommes arrivées chez Karine vers 20h30. Une fois sur place, nous nous sommes occupées des chevaux en les mettant au paddock et la journée s’est terminée autour d’un plat de lasagnes.

Jour 2 - dimanche 3 mai - Étape de la Baronnerie vers Notre-Dame-du-Rocher (27 kms)
Nous sommes partis vers 9h, après avoir pris le temps de  caler nos paquetages. La matinée a débuté sous une légère pluie, mais les sous-bois nous ont bien protégés et avec une température agréable, nous avons avancé dans de très bonnes conditions. En traversant la vallée, nous avons finalement fait un détour imprévu au niveau du méandre de Rouvroux après avoir réalisé que la rivière n’était pas du bon côté. Ce petit contretemps s’est transformé en belle opportunité, puisque nous en avons profité pour monter jusqu’au point de vue avant de retrouver notre itinéraire. Comme les chevaux avançaient bien, que le terrain était facile et que la pluie ne donnait pas envie de s’arrêter pour pique-niquer (sans compter que Stéphanie avait oublié son déjeuner) nous avons choisi de continuer sans pause déjeuner. Vers midi, le soleil a finalement pointé le bout de son nez, nous permettant de sécher tranquillement tout en poursuivant notre route, notamment en passant par les Roches d’Oëtre. Parmi les petites péripéties de la journée, Stéphanie a aussi perdu sa casquette en chemin, ce qui nous a obligés à faire un arrêt supplémentaire. Au final, nous avons vécu une très belle journée de randonnée, rythmée par une météo changeante, quelques imprévus, de magnifiques paysages et ce soir, nous serons hébergés au poney club du Lys, en mobil-home avec une vue directe sur nos chevaux.

Jour 3 - lundi 4 mai - Etape vers la Ramée (30 kms)

Départ dans la brume, vers 9h. Le monde est encore silencieux, étouffé sous un ciel gris qui menace sans jamais vraiment céder. On prend le temps de petit déjeuner et de ranger le mobil-home, puis on se met en route, doucement.
Très vite, le rituel s’impose : Stéphanie perd sa casquette. Exactement comme la veille, au même endroit, dans les ronces. On rit, un peu, on râle aussi, puis on s’arrête. Demi-tour, récupération, et déjà le fil de la journée se décale légèrement. Un mauvais chemin plus loin — heureusement vite corrigé — nous voilà à hésiter entre deux routes. Celle des cailloux ou celle de la vallée des moulins. Le choix est fait : ce sera la vallée.
À Saint-Honorine-la-Guillaume, deux jolies chapelles croisent notre route, presque inattendues dans cette matinée grise. Un grand bâtiment à l’allure de nef attire aussi le regard. Puis on repart, direction Craménil, toujours dans cette fameuse vallée… qui se révèle finalement invisibles. Les arbres ferment le paysage, les moulins se cachent ou s’effondrent. On avance sans vraiment voir.
Le pont de la Motte, lui, achève le mythe : décrit comme remarquable, il n’est qu’une route banale, bordée de garde-corps métalliques. Déception partagée, vite digérée. On trouve refuge pour le déjeuner vers Le Hamel, entre deux prés de vaches. Les chevaux restent vigilants — ils n’aiment pas vraiment ça — mais tout se passe bien. Et puis, enfin, le soleil perce. Comme une récompense.
À 13h30, on repart sous une lumière nouvelle. Après Briouze, le beau temps nous donne des idées. On tente le marais du Grand Hazé. Le sentier est prometteur, mais un pont trop vermoulu nous arrête net. Impossible de risquer le passage avec les chevaux. Alors on rebrousse chemin, on discute avec quelques marcheurs, on pousse jusqu’à l’observatoire, puis on reprend la route. Le reste se fait plus simplement. Le rythme s’installe, la lumière accompagne.
Arrivée à la Ramée vers 16h dans un ancien centre equestre dirigé par une famille spécialisée dans le concours complet de haut niveau. Le propriétaire des lieux qui a eu milles vies ne sera pas avare d'anecdotes qui nous accompagneront tout au long de notre diner au coin du feu.

Jour 4 - mardi 5 mai - Etape vers Sainte croix sur Orne (33 kms)
Départ à 9h sous une pluie déjà bien installée et qui ne nous quittera pas de la journée. L’ambiance est donnée dès les premiers pas : capuches serrées, vêtements détrempés, et système D pour rester au sec – Sandrine inaugure son élégant mais redoutablement et efficace poncho improvisé en sac poubelle. Nous avions pris soin la veille, de retravailler notre itinéraire pour éviter de refaire une portion déjà parcourue. Direction donc vers de nouveaux chemins avec une progression fluide sur de petites routes où les chevaux avancent d’un bon pas, courageux malgré les conditions.
Un premier doute plane au niveau du Val Martin : passage possible ou non ? Finalement aucun souci, le terrain se laisse traverser sans difficulté mais à vrai dire, difficile d’apprécier le paysage sous la pluie. Après un passage sous la ligne de chemin de fer, nous atteignons la Pierre Hurel, puis vient la traversée de la départementale 924. Un moment un peu tendu avec quelques camions, mais les chevaux restent calmes. Direction ensuite le château des Osthieux, avec une inconnue de taille. La route indiquée comme cul-de-sac et un passage semblant traverser une propriété privée… Sur place, la rencontre avec le fermier aussi accueillant que serviable change la donne. Il nous propose un itinéraire alternatif à travers son champ, longeant une rivière jusqu’à un petit pont piéton. Le décor est magnifique : un étang, le château en toile de fond… presque magique malgré la pluie. Mais l’orientation s’avère plus compliquée que prévu. Deux rivières, des zones marécageuses, des clôtures : impossible de distinguer clairement le passage. Après un premier, puis un deuxième essai infructueux, nous faisons demi-tour pour demander des précisions. Rassurés, nous repartons. Non sans une petite frayeur : je manque de m’embourber avec Guerreouane dans les marécages. Mais finalement, le fameux pont apparaît, soulagement général. Et au final, peu de temps perdu.
La suite est plus simple, bien que moins bucolique : le chemin disparaît, laissant place à la route jusqu’à Saint-Malo. Toujours sous la pluie battante, sans même l’espoir d’un aperçu de la mer (bah oui on est dans les terres même à Saint Malo lol). Trempés jusqu’aux os, nous avançons sans pause, avec une seule idée en tête : arriver. Nous retrouvons ensuite le GR36, dernier tronçon avant l’arrivée à la Route Tourelle. Épuisés, frigorifiés, mais satisfaits de cette longue journée de 33 kilomètres.
À l’arrivée, chacun retrouve ses automatismes : on s’occupe des chevaux en priorité. Ils sont déchargés et mis en paddock, le matériel installé dans un box en espérant que tout puisse sécher un peu. Petite frayeur au passage : Guerrouane, surpris par la clôture électrique, manque de bousculer Stéphanie. Puis enfin, le réconfort : une bonne douche chaude, les vêtements étalés sur tous les radiateurs disponibles et un repos bien mérité. Sandrine s’accorde une sieste réparatrice pendant que Stéphanie veille sur la maison. Une journée rude, trempée, parfois hésitante… mais pleine de solidarité, d’imprévus et de petits moments de victoire. Le genre d’étape dont on se souvient longtemps.

Jour 5 - mercredi 6 mai - Etape vers la Baronnerie (31kms)
Départ à 9h30 de Sainte-Croix-sur-Orne sous un ciel clément, promesse d’une belle journée en selle. Toutes nos affaires ont bien séchées sauf le portable de Sandrine qui a rendu l'âme !
Durant la nuit, Guerrouane s'est éraflé un antérieur, c'est un peu gonflé mais rien de grave.
On longe la cour puis un cimetière militaire… que l’on ne verra finalement jamais, comme un mystère laissé derrière nous. Rapidement, cap sur la retenue de Rabodanges, franchie au niveau des Chennevièses par le pont de Sainte-Croix. La montée vers Rabodanges récompense nos efforts : panorama superbe sur la retenue et les gorges de l'Orne. Puis vient la descente vers le vieux Saint-Aubert où nous traversons l’Orne à gué… et pas timidement : l’eau monte jusqu’au ventre des chevaux ! Sensations garanties. Les paysages sont à couper le souffle mais les chemins, eux, ne se laissent pas dompter si facilement : étroits, escarpés, semés de galets ronds qui mettent les chevaux à l’épreuve. Nous suivons longtemps la rivière, bercés par son cours… jusqu’à la pause imprévue : Sandrine a perdu ses lunettes. Pendant ce temps, exploit notable : Stéphanie ne perd pas sa casquette — elle reste simplement suspendue à un arbre. Entre deux éclats de rire, Sandrine réalise aussi que le tracé bleu qu’elle suivait avec conviction en pensant longer l'Orne… n’était autre que son propre surlignage enbleu, l'Orne est déjà loin. Comme quoi, même les cartes ont de l’humour. Nous atteignons La Forêt-Auvray, charmant village où l’on s’arrête admirer les halles et l’église, parfaits sujets photo. Puis passage devant un élégant haras à la Mercerie, dédié aux pur sang de course — un clin d’œil à nos fidèles montures du jour.
Pause déjeuner aux Roches d'Oëtre : panorama grandiose, pique-nique bien mérité… et petit café à 2 €, presque au prix parisien. Stéphanie veille à la propreté du site en ramassant les épluchures de clémentine de Sandrine — l’honneur du paysage est sauf. Après une bonne heure de pause, nous repartons vers la vallée et le méandre de Rouvrou, cette fois sur le bon chemin. Traversée d’un ravissant village aux pierres plates, puis remontée douce vers le Haut-Vardon. L’arrivée à la Baronnerie se fait tranquillement, baignées de lumière. Une journée riche, entre efforts, rires et panoramas inoubliables — sans doute l’une des plus belles de cette aventure.
Après quelques courses à Pont d'ouilly, Karine nous offre l'apéro et Nnous papoterons d'ailleurs jusqu'en fin de journée avant de nous rendre à Pont d'Ouilly pour dîner au restaurant hôtel du commerce (bar, saint Jacques et farandole de dessert).

Jour 6 - jeudi 7 mai - Boucle légère autour de la Baronnerie (23 kms)
Après quatre jours bien remplis, cette cinquième étape marque un tournant plus doux dans l’aventure. Bahir se remettant d’une tendinite, le mot d’ordre du jour est clair : lever le pied et savourer. Nous optons donc pour nos 2 dernières journées de randonnée en étoile, pour deux boucles autour de la Baronnerie, en raccourcissant la première pour privilégier le plaisir plutôt que la performance.
Nous partons tranquillement vers 10h45, sous un soleil radieux, sans sacoche — en mode léger, presque insouciant. Cap au nord, en direction de La Lande. Rapidement, deux grandes cheminées industrielles, vestiges d’un autre temps, se dressent devant nous, étonnamment bien conservées. Puis vient le passage de l’Orne, franchie par le pont de la Bataille. La montée vers les rochers des Parcs commence alors, progressive, ponctuée de premières apparitions de falaises brunes qui se dévoilent peu à peu. Au sommet, le point de vue récompense largement l’effort : une belle vue s’ouvre sur le viaduc en contrebas, majestueux dans le paysage. Nous poursuivons en longeant la voie verte, sans jamais vraiment l’emprunter, passant non loin du moulin du Vey que nous ne verrons finalement pas. Puis vient la montée vers notre zone de pique-nique : un véritable champ de cailloux, un chemin exigeant qui demande de l’attention mais ajoute aussi du caractère à l’étape. Finalement, nous atteignons le sommet au dessus du Pain de Sucre (qu'on ne verra pas), où nous faisons halte pour un pique-nique bien mérité. Une pause d’une heure, paisible, à profiter simplement du moment. L’après-midi se poursuit à pied, pour rejoindre la zone de décollage des parapentes au rocher de la Houle. Là, le panorama est saisissant : une vue dégagée sur Clécy et le pont de Cantepie. Un de ces instants suspendus où le temps semble ralentir. Nous redescendons ensuite tranquillement vers la Baronnerie, retrouvant peu à peu notre tracé du matin. L’arrivée, vers 16h, se fait en douceur. On s’occupe des chevaux, puis Karine nous rejoint pour partager une bière bien fraîche. Les discussions s’étirent jusqu’au dîner. Le soir, ambiance chaleureuse autour de pâtes à la campagnarde, généreusement garnies en oignons — au grand bonheur de Sandrine qui a horreur de ça. Une journée simple, lumineuse, et profondément apaisante, bouclée sur environ 23 kilomètres.

Jour 7 - vendredi 8 mai - Boucle autour de la Baronnerie (22 kms)

Avant même de nous occuper des chevaux, nous avons commencé la journée tranquillement par un détour à Pont-d’Ouilly pour acheter de quoi préparer nos pique-niques. Le soleil était déjà bien présent, promettant une magnifique dernière journée de randonnée.
Nous sommes partis vers 9h45, en reprenant d’abord le même tracé que la veille, vers le nord. Après le passage de l’Orne au pont de la Bataille et le village de Le Bô, nous avons bifurqué en direction de la Pommeraye.
Avec ce beau temps de jour férié, les chemins étaient pleins de vie. Nous avons croisé de nombreux cavaliers venus profiter de la lumière et de la douceur du printemps. L’ambiance était joyeuse, presque festive. Au château de Gane, propriété du conseil départemental du Calvados, nous avons fait « le tour du propriétaire », découvrant les alentours au rythme tranquille des chevaux. Un moment a particulièrement marqué la journée : le passage d’un pont métallique qui impressionnait beaucoup les chevaux. Stéphanie a préféré descendre pour rassurer Bahir, mais Guerouane, refusant de rester seul, a finalement traversé de lui-même. Une petite victoire qui m’a fait très plaisir.
Comme nous avions de l’avance, nous avons hésité entre nous arrêter pour pique-niquer ou rentrer directement afin d’avoir le temps d’acheter du fromage dans une boutique locale (boutique qui en ce jour de 8 mai était malheureusement fermée).   Nous avons traversé Pont d'Ouilly et apprécié le jour férié car d'ordinaire, cette ville est traversée par de gros poids lourds. Nous avons croisé deux petits garçons à vélo qui nous ont demandé si nous étions perdues. Quand j’ai sorti la carte papier, nos interlocuteurs ont souri : « Ah là là, vous êtes de l’ancienne génération ! » Une remarque qui nous a bien fait rire. Nous avons ensuite rejoint la Baronnerie en passant par le bourg Saint-Marc et la chapelle du Roch.
La fin d’après-midi s’est alors déroulée doucement. Nous avons rangé nos affaires tranquillement, fait une petite sieste, puis longuement discuté avec Karine avant de repartir vers Pont-d’Ouilly pour le dîner. Le restaurant que nous voulions tester affichait complet, alors nous sommes retournés au Café du Commerce… et une fois encore, nous y avons très bien mangé. Une belle manière de conclure cette aventure à cheval, sous le soleil et dans une atmosphère paisible.

 
 
 
 



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